Je sais que vous l’attendez donc voici le dernier article de Jean-Jacques Crèvecoeur qui a été publié dans le numéro 3 du magazine Néo santé, paru en juillet 2011.

Vous pouvez retrouver son auteur Jean-Jacques Crèvecoeur en cliquant sur ce lien : ici

Le mois dernier, je vous partageais les chocs épistémologiques que je vécus lors de mes deux premières rencontres avec l’homéopathie. Choc de découvrir à quel point psychologie et physiologie étaient intimement liées, chaque pôle étant le reflet l’un de l’autre dans un niveau de manifestation différent… Choc de découvrir aussi à quel point tous les organes étaient interreliés dans une unicité corporelle à la fois simple et complexe, mais jamais compliquée.

Devant l’efficacité fulgurante du traitement dont je bénéficiai (la guérison dans un délai de moins de deux mois d’une sinusite chronique qui m’accablait depuis huit ans), ma curiosité scientifique me poussa à explorer les fondements de cette médecine pour le moins atypique et à en comprendre les mécanismes de fonctionnement. Car, comme beaucoup de personnes, j’étais convaincu que l’homéopathie n’était qu’un placebo capable de guérir les affections légères et sans gravité. Vingt-sept années plus tard, la conception que j’ai de cette approche est nettement plus précise et cohérente qu’elle ne l’était à l’époque. En voici la synthèse que j’en fais actuellement…

Le sens du symptôme

Étymologiquement, symptôme vient des mots grecs « sun » – qui signifie « avec, ensemble » – et « pipto » – qui signifie « tomber, arriver ». Un symptôme est donc « quelque chose qui arrive avec… » Nous avons donc une première indication : le symptôme n’arrive pas seul. Il n’est pas isolé, indépendant du reste. Autrement dit, ce n’est pas la fatalité qui crée le symptôme, mais bien un état particulier de l’organisme. Comme je le faisais remarquer dans le premier numéro de Néosanté, les symptômes peuvent être comparés à des poubelles que le corps tente d’évacuer pour retrouver son équilibre perdu. C’est donc l’effort que fait le corps pour se rééquilibrer.

En y réfléchissant bien, nous pouvons élargir cette définition aux sphères psychologique et spirituelle. Quand un être habituellement doux se met en colère, par exemple, il passe d’une attitude où ses besoins étaient rarement respectés à un comportement où il prend enfin soin de ceux-ci ! En ce sens, le symptôme de la colère signale un processus de rééquilibrage psycho-émotionnel, alors que notre société le jugera négativement. De même, dans la sphère spirituelle, on pourrait aisément démontrer que certains états mélancoliques ou dépressifs sont des processus nous ramenant à l’essentiel, après une période où le matérialisme nous a éloigné de ce qui constitue l’essence de notre vie et de notre existence. Mais ici aussi, notre culture considérera ces états sombres comme négatifs, alors qu’il conviendrait de se réjouir de cette manifestation.

Trois niveaux de symptômes au service de l’unité de l’individu

Pour l’homéopathie, donc, les symptômes constituent le processus par lequel l’individu tente de retrouver son équilibre sur ses trois plans de manifestation : physique, psychologique et spirituel. Mais ça va plus loin. Selon cette médecine, l’individu est UN. Ce qui veut dire que s’il vit un déséquilibre, ce dernier va s’installer sur les trois plans. Et c’est ce que nous vérifions tous depuis des années. Quand une situation nous stresse, nos émotions sont bloquées, nos intestins se constipent et nous perdons de vue le sens de notre vie. Lorsque nous retournons vers l’équilibre, tout se débloque et les symptômes apparaissent simultanément sur tous ces plans : c’est là qu’apparaît ce qu’on nomme classiquement « la maladie ».

La mission de l’homéopathe : trouver LE remède unique

Bien entendu, c’est souvent lorsque la maladie apparaît qu’intervient l’homéopathe… Mais contrairement à ce que la médecine classique vise, le disciple d’Hahnemann ne cherchera pas à supprimer au plus vite les symptômes, qu’ils soient physiques, psychologiques ou spirituels. Car jamais il ne perd de vue qu’il est en présence d’un individu qui a entrepris de sortir ses poubelles pour retrouver son équilibre. Par conséquent, empêcher la sortie des poubelles reviendrait à maintenir l’individu en état de déséquilibre… Par ailleurs, il est aisé de comprendre que si la maladie de son client a tendance à se prolonger, c’est que ce dernier n’a peut-être pas assez d’énergie ou pas assez d’informations pour accomplir le nettoyage jusqu’au bout. Un peu comme si la vitesse à laquelle il sortait ses poubelles était égale ou inférieure à la vitesse à laquelle il en génère de nouvelles.

Quel sera le but de l’homéopathe ? Très logiquement, donner un coup de main à son client pour que celui-ci sorte davantage de poubelles et/ou plus rapidement. Comment ? En identifiant consciencieusement les symptômes de son client sur tous les plans, puis en recherchant LE remède qui provoquerait, chez un individu sain, le MÊME ensemble de symptômes. Pour prendre une image, si le client sort des petites poubelles oranges avec une ligature verte, l’homéopathe devra trouver dans sa matière médicale un remède qui provoque, chez un individu sain, l’évacuation des mêmespetites poubelles oranges avec une ligature verte. En faisant cela, l’individu recevra l’aide salutaire qui lui manquait pour poursuivre la même voie de guérison, mais plus intensément et plus rapidement.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette approche médicale s’appelle l’homéopathie. Littéralement, elle signifie « souffrance semblable », car l’action du remède facilitera l’apparition de la même pathologie que celle dont souffre déjà l’individu. Non pas par sadisme, mais par compréhension profonde du sens des symptômes. Pour le dire très simplement, si le corps a jugé bon de sortir tels symptômes, le remède l’aidera à poursuivre son chemin dans la même direction.

Mais attention, la compréhension de ces principes plaide contre toute automédication. Non seulement parce qu’il est trop complexe de trouver le bon remède, mais surtout, parce que la prise d’un remède peut engendrer des symptômes indésirables chez la personne qui le prend (c’est ce qu’on appelle la pathogénésie).

Les conditions de succès de l’homéopathie

Il m’a fallu des années pour comprendre vraiment le fonctionnement et la logique de l’homéopathie, tant cette conception négative des symptômes de maladie est ancrée dans notre culture. Malheureusement, beaucoup de personnes faisant appel à l’homéopathie ignorent les conditions qui rendent cette médecine efficace. En voici les principales :

  • La personne malade doit fournir les observations les plus précises à l’homéopathe qu’elle consulte, sans quoi elle mettrait le praticien sur des fausses pistes en mentionnant de faux symptômes ;
  • L’homéopathe sera d’autant plus efficace qu’il aura une culture générale homéopathique très étendue et une longue expérience pour traiter et filtrer intuitivement les informations (vraies et fausses) fournies par son patient afin d’identifier LE remède unique qui se rapproche le plus de sa symptomatologie générale.
  • La personne qui prend le remède doit être préparée à l’idée que, dans les premières heures de traitement, elle vivra probablement une aggravation symptomatique – signe que le remède approprié a bien été identifié. Sans cette conscience et cette préparation, elle risque de se décourager, ne comprenant pas que le remède l’a aidée à sortir ses poubelles plus rapidement et plus efficacement.

À vous de jouer, à présent…

En pratique, ce mois-ci, je vous encourage à développer deux attitudes constantes. D’abord, continuez à vous observer, à vous écouter, à ressentir ce qui se passe dans votre corps. Ensuite, apprenez à changer votre regard sur vos symptômes, en vous rappelant que ce sont, la plupart du temps, vos poubelles que vous sortez ! Bon entraînement et au mois prochain.

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